Napoleon1news

Le blog consacré au Consulat et à l'Empire de Yannick Augrandenis

29 juin 2008

Napoléon à Sainte-Hélène décrit par une anglaise

L'extrait qui suit est tiré du "Journal" de Lady Clementine Malcolm, épouse de Sir Pulteney Malcolm qui commandait en 1816 la flotte anglaise du Cap et de Sainte-Hélène.

Ce témoignage sur l'Empereur date de juin 1816: L'Empereur avait les "cheveux d'un noir-brun, clairsemés sur le front; coupés ras mais assez épais, sur le cou, et plutôt d'aspect négligé. Des yeux bleus ou gris-clair, un front large, le nez fort, la lèvre supérieure courte, de belles dents, blanches, petites, régulières, qu'il découvrait rarement. Le menton arrondi, le bas de la figure très plein, le teint pâle et le cou particulièrement ramassé. De visage, d'ailleurs, bien proportionné mais qui s'est trop empâté. La main petite et grasse, aux doigts effilés, aux ongles admirablement formés. La jambe et le pied bien faits. Il était vêtu d'un "habit de chasse" (l'auteur parle ici de l'uniforme de colonel des chasseurs de la Garde) vieux et usé, boutonné jusqu'au cou, avec col et parements de velours vert, des boutons d'argent gravés chacun d'une figure représentant un animal différent (sic !).On y voyait briller l'étoile de la Légion d'honneur. Culotte et gilets blancs, bas de soie blancs et souliers ornés de boucles ovales en or.
Lady Malcolm fut frappée de la bienveillance de son expression, si opposée à la rudesse qu'elle s'atrtendait à lire en cette physionomie qui ne lui révélait pas la trace de ses facultés puissantes, mais plutôt, un sentiment de bonté. Elle put s'apercevoir, lors de leur seconde entrevue, du changement qui, selon l'humeur, s'opérait en ce visage. L'amiral (Malcolm, époux de Lady Clementine)reconnaissait que ses manières étaient aimables, mais sans leur concéder le moindre charme."

(Le "Journal" de Lady Malcolm est paru une seule fois en français dans la "Revue des Etudes Napoléoniennes" en 1931).

Source: Forum Napoléon 1er

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10 juin 2008

La dictée de Napoléon à Sainte-Hélène

Lors des 6 années passées à Sainte-Napoléon, l'Empereur déchu a passé la plus grande partie de son temps à dicter: ses mémoires, l'histoire de sa vie, exposer le contexte, eclairer les décision et enfin l'histoire de ses campagnes.

Las Cases serait à l'initiative de cette idée: "Sire, nous vivrons du passé; il a de quoi nous satisfaire. Ne jouissons-nous pas de la vie de César, de celle d'Alexandre? Nous posséderons mieux, vous vous relirez. Sire!" Cette proposition et le début des dictées ont débuté lors du voyage sur le Bellerophon. Cette occupation est devenu l'objet de convoitise des autres compagnons de la captivité... En effet, ils furent plusieurs à rédiger sous la dictée de l'Empereur...Certains eurent droit aux campagnes, d'autres aux secrets d'Etat.

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La mémoire de l'Empereur était à tout épreuve, ce qui rend ces documents si riches.

La publication de ces mémoires, à partir de 1823, devint le point de départ de la légende dorée qui mena en 1848 Napoléon III au pouvoir.

Ces mémoires sont le socle de l'histoire napoléonienne et sont l'empreinte de Napoléon qui n'hesita pas à romancer certains détails afin d'en accroître l'impact.

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03 juin 2008

L'attitude de Napoléon à Sainte Hélène

Lors d'un débat qui remonte à environ 10 ans (ma passion pour l'Empereur remonte à mes 14 ans) dans une emission animée par Bernard Pivot, Max Gallo et Jean-Paul Kauffman ont longuement "discuté" de l'attitude de Napoléon 1er lors de la captivité de Sainte-Hélène.

Max Gallo défendait l'idée que l'Empereur menait son dernier combat à l'encontre de son meilleur ennemi l'Angleterre, tout en préparant sa place dans l'histoire par la dictée de ses souvenirs auprès de ses compagnons. Jean-Paul Kauffman défendait l'idée que Napoléon a abandonné tout désir lors de cette captivité et que la monotonie et la lassitude l'ont poussé à "s'abandonner".

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Pour ma part, je pense que les deux auteurs détiennent un élément de vérité. Les deux "attitudes" se sont mélées durant les premières années avant que la maladie et les frustrations aient conduit à une lente descente de Napoléon.

Qu'en pensez-vous?

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30 avril 2008

Testament de Napoléon 1er

Introduction du testament dicté par Napoléon 1er à Sainte-Hélène

Je meurs dans la religion apostolique et romaine, dans le sein de laquelle je suis né, il y a plus de cinquante ans. 2° Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé. 3° J'ai toujours eu à me louer de ma très chère épouse Marie-Louise ; je lui conserve jusqu'au dernier moment les plus tendres sentiments ; je la prie de veiller pour garantir mon fils des embûches qui environnent encore son enfance. 4° Je recommande à mon fils de ne jamais oublier qu'il est né prince français, et de ne jamais se prêter à être un instrument entre les mains des triumvirs qui oppriment les peuples de l'Europe. Il ne doit jamais combattre, ni nuire en aucune autre manière à la France , il doit adopter ma devise : Tout pour le peuple français. 5° Je meurs prématurément, assassiné par l'oligarchie anglaise et son sicaire ; le peuple anglais ne tardera pas à me venger. 6° Les deux issues si malheureuses des invasions de la France, lorsqu'elle avait encore tant de ressources, sont dues aux trahisons de Marmont, Augereau, Talleyrand et La Fayette. Je leur pardonne ; puisse la postérité française leur pardonner comme moi. 7° Je remercie ma bonne et très excellente mère, le Cardinal, mes frères Joseph, Lucien, Jérôme, Pauline, Caroline, Julie, Hortense, Catarine, Eugène, de l'intérêt qu'ils m'ont conservé ; je pardonne à Louis le libelle qu'il a publié en 1820 : il est plein d'assertions fausses et de pièces falsifiées. 8° Je désavoue le Manuscrit de Sainte-Hélène et autres ouvrages sous le titre de Maximes, Sentences, etc... que l'on s'est plu à publier depuis six ans : ce ne sont pas là les règles qui ont dirigé ma vie. J'ai fait arrêter et juger le duc d'Enghien, parce que cela était nécessaire à la sûreté, à l'intérêt et à l'honneur du peuple français, lorsque le comte d'Artois entretenait, de son aveu, soixante assassins à Paris. Dans une semblable circonstance, j'agirais encore de même.

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11 avril 2008

Les mesures de sécurité autour de Longwood

Cette note d'origine anglaise, rapportée par Gourgaud, nous permet de mieux comprendre les conditions de vie de Napoléon 1er à Sainte Hélène.

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Longwood

Bonaparte à Sainte-Hélène,

Par les rapports qui ont été reçus de Sainte-Hélène le 14 décembre, il résulte que les arrangements pour la restreinte du dernier usurpateur du trône de France dans les étroites limites de son présent confinement sont portés dans un plein effet.

Entre trois ou quatre milles de l'espace d'un petit village qui est relevé avec le titre de James Town, après avoir monté une étroite et tortueuse route bordée par des ravins et des précipices, vous atteignez une petite plaine d'un mille et un quart environ de longueur terminée par un affreux rocher suspendu à une considérable élévation au-dessus de la mer.

Environ au milieu de cette plaine est situé Longwood, qui sert au ci-devant tout-puissant corse soit de palais, soit de prison d'État, selon que son imagination embellit la scène. La maison, qui est petite, est entourée à chaque issue par des sentinelles régulièrement relevées. A un demi-mille en avant de la maison, est une petite maison où un officier de garde est stationné, ne souffrant pas qu'aucun individu passe sans un ordre écrit, signé de la main propre de l'amiral. L'autre front de la maison est à environ trois quarts de mille du rocher ci-dessus désigné. Sur un côté est un impraticable ravin ; sur l'autre, une inaccessible montagne.L'espace compris entre ces limites est tout ce qui est assigné aux mouvements du prisonnier d'État. II y a, d'ailleurs, dans l'enceinte un camp pour 250 à 300 hommes, et sur chaque éminence et sur chaque point qui puisse servir à garder ses mouvements à la vue, des sentinelles sont placées, qui, on peut dire, forment une ligne de circonvallation enfermant le monstre dans les toiles...

La sus mentionnée route de James Town est le seul chemin pour cette sûrement non heureuse vallée, mais sur toute cette route sont placés des piquets et des sentinelles de distance en distance. Tant de sûreté pour la mer. Celles pour la mer sont prises avec tant de soin qu'elles rendent l'échappe du prisonnier impossible. Aucun bâtiment ne peut s'approcher de l'île sans être vu, ou par les nombreux postes de signaux qui correspondent entre eux dans toute l'étendue de' l'île. Au moment qu'un bâtiment est en vue, les signaux en informent les bâtiments croisiers, dont il y a deux divisions qui se relèvent pour le service qui intéresse de regarder toujours l'Océan. Ils partent à une certaine distance et marchent dans telle direction que le vent et des circonstances demandent, jusqu'à ce que l'île est complètement entourée. Si un bâtiment des Indes ou d'un autre pays arrive, ils marchent tout de suite contre lui, l'examinent soigneusement et l'amène à l'amiral pour un dernier examen, si les circonstances le rendent nécessaire.

II n'est jamais permis à un bâtiment de jeter l'ancre, si ce n'est à un bâtiment de guerre du Roi, ou un Indiaman, et ces derniers sont soumis à des restrictions. Peu d'officiers peuvent débarquer et les capitaines même ne peuvent pas visiter l'intérieur de l'île. Les petits bateaux pêcheurs, qui vont à la pêche, sont exactement visités, à leur départ et à leur retour, on ne leur accorde que peu d'heures pour leurs occupations et on les tient toujours sous les canons du port ou des bâtiments de guerre. II est difficile, pour les personnes qui appartiennent à l'escadre, d'obtenir la permission de rester la nuit à terre; tous les individus sont obligés de quitter la terre avant le coucher du soleil, temps ou l'on lève le pont, qui n'est baissé qu'après le lever du soleil, et des bateaux de garde croisent pendant ce temps autour de l'île.

Telles sont les mesures pour empêcher les échappées du disturbateur du repos du continent. Les officiers militaires et de la marine assurent que ces arrangements offrent tant de sûreté que la nature des affaires humaines peut fournir contre l'échappée du plus adroit ou désespéré prisonnier.

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09 avril 2008

Les derniers moments de Napoléon Bonaparte

Le 1er mai 1821, il s’était levé ; mais une faiblesse l’obligea à se faire recoucher. Il avait fait placer en face de son lit le buste de son fils, sur lequel il avait constamment les yeux fixés. Le 3 mai, les symptômes devinrent plus alarmants. Le 4 mai, on eut quelque espoir. Le lendemain, 5 mai, à sept heures du matin, on l’entendit balbutier.

" France… France… ". Ce furent les derniers mots qu’il prononça. À dix-sept heures quarante-neuf, au moment où le soleil quittait l’horizon, Napoléon croisa les bras avec effort, et prononça les mots têtearmée… jeta un dernier regard sur le buste de son fils et expira, étant âgé de cinquante et un an, sept mois, vingt jours. Napoléon est mort le 5 mai 1821. Le lendemain, le gouverneur de l'île, sir Hudson Lowe, bien qu'en perpétuel conflit avec son ancien prisonnier, venant en personne s’assurer de la mort de Bonaparte, a déclaré alors à son entourage : « Hé bien, Messieurs, c'était le plus grand ennemi de l'Angleterre et le mien aussi ; mais je lui pardonne tout. À la mort d'un si grand homme, on ne doit éprouver qu'une profonde douleur et de profonds regrets. »

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03 avril 2008

L'homme au coeur du mystère: Cipriani

J'évoquais il y a quelques temps le débat qui entoure la présence de Napoléon sous le dôme des Invalides. Ce doute proviens d'une légère incohérence historique.

En 1840, le roi Louis-Philippe obtient de l'Angleterre la restitution de la dépouille de Napoléon 1er. Une expédition, à destination de Saint-Hélène, est mise en place pour rapatrier le corps de l'Empereur et celui de son valet (et ami d'enfance) Cipriani qui est en mort en 1818 dans des circonstances douteuses.

Après 3 mois de mer, l'exhumation de l'Empereur a lieu normalement (à noter que l'état de conservation de la dépouille fut remarqué) mais tout le mystère réside dans la recherche de la tombe de Cipriani. Celle-ci a disparu.

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Comment expliquer cette disparition? Le corps de Napoléon a été échangé avec celui de Cipriani pour être rapatrier en Angleterre? Napoléon a procédé à l'échange avant de s'enfuir aux Etats Unis? Cipriani repose-t-il donc aux Invalides? Aucune de ces thèses n'est aujourd'hui avérée mais certains doutes subsistent.

A propos de la mort de Cipriani, Marchand nous donne pourtant des informations très précises sur la localité de sa tombe: "Il est décédé, le 27 février dernier, à 4 heures de l’après-midi, et l’enterrement a eu lieu dans le cimetière protestant de ce pays ;… les ministres de cette église lui ont rendu les mêmes devoirs qu’ils eussent rendus à quelqu’un de leur secte ;… l’extrait mortuaire porte qu’il est mort dans le sein de l’Église apostolique et romaine… Le ministre de l’Église de ce pays aurait volontiers assisté le mort, mais celui-ci aurait désiré un prêtre catholique ; comme nous n’en avons pas, il a paru ne pas se soucier d’un ministre d’une autre religion… "

Pour aller plus loin, je vous invite à découvrir les quelques informations que nous avons sur l'ami d'enfance/valet de l'Empereur sur: http://www.napoleonprisonnier.com/acteurs/cipriani.html

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31 mars 2008

Napoléon avait tout prévu!

Je meurs prématurément, assassiné par l'oligarchie anglaise et l'assassin qu'elle a soudoyé.

[Testament de Napoléon.]

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Hudson Lowe

L'assassin mentionné est sans aucun doute Hudson Lowe (géôlier de Napoléon de Saint Hélène). Napoléon n'a pas été empoisonné par Arsenic mais executé par les frustrations imposées par les Anglais par l'intérmédiaire du géôlier zélé.

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